Ordre Sacré des Neuf Templiers de Jérusalem (O.S.D.9.T.D.J.)
| Nom | Ordre Sacré des Neuf Templiers de Jérusalem |
|---|---|
| Sigle | O.S.D.9.T.D.J. |
| Alias | OSD9TDJ • OSD 9 TDJ |
| Nature | Association loi 1901 |
| Objet | Culturel, historique, symbolique, éducatif, fraternel, caritatif et initiatique |
| Fondation | 2024 |
| Positionnement | Organisation contemporaine à référence templière, inscrite dans le néo-templarisme moderne |
| Travail interne | Rites, degrés, pratiques symboliques et transmissions internes |
| Direction | Romain Miternique, Grand Maître |
| Site web | osd9tdj.org |
L’Ordre Sacré des Neuf Templiers de Jérusalem (O.S.D.9.T.D.J.) désigne une organisation associative contemporaine française qui se présente comme une expression du néo-templarisme, c’est-à-dire de l’ensemble des constructions modernes et contemporaines qui réinvestissent l’héritage historique, symbolique, chevaleresque, mémoriel et initiatique de l’Ordre du Temple médiéval.
Le sujet doit être lu à plusieurs niveaux. Il existe d’abord l’Ordre du Temple historique, fondé au XIIe siècle et supprimé au début du XIVe siècle. Il existe ensuite les relectures modernes de l’idée templière, particulièrement marquées par les reconstructions du XIXe siècle. Il existe enfin les organisations contemporaines qui, sans se confondre avec l’ordre médiéval, reprennent son nom, ses signes, son imaginaire, ses vertus et parfois son langage de transmission.
L’intérêt encyclopédique du sujet réside précisément dans cette longue survivance de l’idée templière. L’ordre historique a disparu comme institution, mais il a continué d’exister comme figure de mémoire, comme symbole de fidélité, comme matrice de reconstruction chevaleresque et, dans certains milieux, comme support d’une démarche initiatique et d’un travail de rites, de degrés et de transmissions internes.
- Contexte historique et héritage templier
- Néo-templarisme contemporain
- De Fabré-Palaprat à Sion
- Développement en Italie (OCNSS)
- Personnalités citées dans les sources
- Développement en France
- Naissance de l’O.S.D.9.T.D.J.
- Missions et positionnement
- Cadre statutaire (loi 1901)
- Controverses de filiation apostolique et dénonciations documentées
- Chronologie
- Notes et références
- Liens externes
Contexte historique et héritage templier
L’Ordre du Temple fut l’une des institutions majeures de la chrétienté médiévale. Né dans le contexte des croisades, il associa mission religieuse, discipline communautaire, fonction militaire, organisation transnationale et administration de biens. Cette synthèse entre foi, ordre, service, ascèse et efficacité en a fait une structure singulière, dont la suppression n’a jamais effacé le prestige.
Après sa disparition institutionnelle, l’image du Temple ne s’est pas dissoute. Elle s’est au contraire amplifiée. Le procès des Templiers, la chute de l’ordre, la figure dramatique de Jacques de Molay, le secret prêté à ses membres, l’idée d’un savoir transmis ou d’une fidélité trahie ont contribué à transformer l’histoire de l’ordre en matrice légendaire durable.
C’est cette persistance qui explique le phénomène moderne et contemporain des réappropriations templières. L’ordre médiéval n’a pas survécu comme continuité juridique simple ; il a survécu comme puissance symbolique. C’est sur cette puissance que se sont développées les constructions néo-templières.
Néo-templarisme contemporain
Le néo-templarisme désigne l’ensemble des mouvements, ordres, fraternités, regroupements initiatiques, associations culturelles ou constructions chevaleresques qui, à l’époque moderne et contemporaine, se réclament de l’héritage templier ou le réinterprètent. Ce phénomène ne correspond pas à un courant unique, mais à une pluralité de formes : certaines insistent sur la mémoire historique, d’autres sur la chevalerie morale, d’autres encore sur une tradition chrétienne, symbolique, mystique ou initiatique.
Dans ce cadre, l’enjeu principal n’est pas seulement la revendication d’un passé prestigieux. Il est aussi la volonté de faire revivre, dans le présent, un type humain et une manière d’être : le chevalier comme homme de droiture, de service, de fidélité, de discipline, de courage et d’honneur. C’est pourquoi le néo-templarisme contemporain se développe souvent dans des structures qui n’entendent pas relever matériellement le Moyen Âge, mais en reformuler l’esprit.
Cette logique de réinterprétation explique l’existence d’organisations qui combinent mémoire historique, emblématique chevaleresque, références chrétiennes ou spirituelles, cadre associatif moderne, cérémonial, hiérarchie interne et langage de transmission. L’O.S.D.9.T.D.J. s’inscrit dans ce paysage et, selon sa propre présentation publique, se définit à la fois comme ordre templier initiatique, ordre chevaleresque, ordre culturel, ordre historique et ordre fraternel.
Sur son site officiel, l’organisation se présente comme un cadre structuré autour de rites, de degrés, de pratiques symboliques et de transmissions internes, pouvant s’appuyer sur des filiations, traditions ou patentes initiatiques. Dans la page « Qui nous sommes », elle précise également qu’elle reconnaît une dimension initiatique à son travail, entendue comme un chemin de maturation personnelle et collective, dans un cadre qu’elle dit laïque, culturel et associatif.
Origines contemporaines du courant : de Fabré-Palaprat à Sion
Pour comprendre les formes contemporaines du néo-templarisme, il faut suivre la longue dérive historique qui conduit des reconstructions du XIXe siècle aux récits de filiation du XXe siècle. Après la disparition de l’ordre médiéval, l’idée templière ne s’éteint pas ; elle change de support. Elle circule dans des ordres néo-chevaleresques, des milieux symboliques, des groupes religieux indépendants, des fraternités et des récits de transmission plus ou moins élaborés.
Le point de bascule majeur se situe au tournant des XVIIIe et XIXe siècles, lorsque la figure templière cesse d’être seulement un souvenir historique pour devenir un principe de reconstruction. C’est dans ce cadre qu’apparaît l’œuvre de Bernard-Raymond Fabré-Palaprat, figure fondamentale du néo-templarisme moderne. En 1804, celui-ci fonde un Ordre du Temple moderne et met en avant la célèbre Charte de Larmenius, document présenté comme établissant une chaîne de transmission des Grands Maîtres depuis Jacques de Molay jusqu’à l’époque contemporaine.
Cette revendication joue un rôle considérable dans l’histoire des reconstructions templières. Même lorsqu’elle est discutée, contestée ou rejetée, elle devient un point de référence obligé. Fabré-Palaprat ne se contente pas de restaurer un nom ; il propose un modèle complet de résurrection templière, avec hiérarchie, continuité revendiquée, cérémonial, mémoire de Jacques de Molay et volonté de redonner corps à un ordre disparu.
Son importance est capitale, car une grande partie du néo-templarisme ultérieur se développe soit dans son sillage, soit en dialogue avec lui, soit en reprenant indirectement l’idée qu’une continuité templière aurait pu survivre à la suppression médiévale. De ce point de vue, Fabré-Palaprat constitue moins un simple épisode qu’une matrice. Il installe durablement l’idée qu’il serait possible de faire revivre l’Ordre du Temple sous une forme moderne, non comme survivance administrative du Moyen Âge, mais comme réactivation d’un héritage moral, chevaleresque, spirituel et initiatique.
À partir de là, le néo-templarisme se déploie selon deux lignes complémentaires. La première est celle de la reconstruction chevaleresque : reconstituer un ordre, des grades, des investitures, une discipline, une fraternité et un langage de service. La seconde est celle de la survie secrète : l’idée selon laquelle les Templiers auraient traversé les siècles par filiation cachée, par transmission ésotérique, par lignées discrètes ou par structures parallèles.
C’est cette seconde ligne qui prépare plus tard le terrain à de nouvelles constructions, notamment autour du nom de Sion. Le néo-templarisme moderne ne se réduit donc pas à une nostalgie médiévale : il est une réécriture active du passé, une tentative de faire revivre un idéal ancien dans des formes contemporaines, et parfois aussi une entreprise de légitimation par la mémoire, la transmission ou la revendication d’antériorité.
Au XXe siècle, une nouvelle strate s’ajoute avec le thème de Sion. Ce nom possède une puissance propre, car il associe Jérusalem, la mémoire croisée, la tradition chrétienne orientale et l’idée d’un centre spirituel. Il devient ainsi un point de fixation idéal pour de nouvelles constructions de continuité, de secret et de légitimité.
C’est dans ce contexte qu’apparaît le Prieuré de Sion moderne lié à Pierre Plantard. Celui-ci fonde en 1956 une association sous ce nom en France, puis développe dans les décennies suivantes une vaste construction documentaire et mythologique destinée à faire croire à l’existence d’une société secrète ancienne, survivante, puissante et détentrice d’un secret historique majeur. Cette construction s’appuie notamment sur des documents déposés à la Bibliothèque nationale de France sous le titre de Dossiers secrets d’Henri Lobineau.
Le problème central est que cette construction plantardienne a été largement identifiée comme une mystification moderne. Le Prieuré de Sion de Plantard ne constitue pas la continuation prouvée d’un ordre médiéval, mais une invention contemporaine ayant utilisé l’archive, la généalogie, l’érudition apparente, les pseudonymes et le montage documentaire pour produire une illusion de profondeur historique. Cette affaire a eu un impact considérable, car elle a contaminé durablement l’imaginaire public autour des Templiers, de Rennes-le-Château, des Mérovingiens, des sociétés secrètes et de l’idée d’une survivance cachée.
Il est donc nécessaire de distinguer clairement plusieurs choses. D’un côté, le néo-templarisme au sens large, qui est un phénomène réel de reconstruction chevaleresque, symbolique, religieuse, associative ou initiatique. De l’autre, l’affaire Plantard, qui relève de la fabrication documentaire et de la mythologie moderne. Entre les deux, il existe bien sûr des zones de rencontre, car le prestige du mot « Sion » et l’imaginaire de la survivance secrète ont influencé de nombreux milieux.
Dans une lecture sérieuse, Fabré-Palaprat et Plantard ne jouent donc pas le même rôle. Le premier représente la grande tentative moderne de reconstitution templière au XIXe siècle, avec sa revendication de continuité par la Charte de Larmenius. Le second représente la grande mystification contemporaine autour de Sion au XXe siècle, qui a brouillé le champ par un ensemble de faux, de récits parallèles et de montages documentaires. Les deux sont néanmoins indispensables pour comprendre l’histoire du néo-templarisme moderne.
C’est sur cet arrière-plan, à la fois historique, symbolique et documentaire, que prennent ensuite place les réseaux plus récents liés à Notre-Dame de Sion, aux formulations néo-chevaleresques contemporaines et, plus tard, au développement du courant ayant conduit à la structure française actuelle. Autrement dit, l’histoire de l’O.S.D.9.T.D.J. ne surgit pas dans le vide : elle s’inscrit dans une longue chaîne de réappropriations du modèle templier, depuis la grande reconstruction palapratienne jusqu’aux formes plus récentes du néo-templarisme contemporain.
Plusieurs articles de presse italienne mentionnés dans cette page utilisent l’expression générale Ordine di Sion ou des formulations voisines. Toutefois, ces articles ne concernent pas nécessairement l’Ordine Cavalleresco di Nostra Signora di Sion (OCNSS), ni l’Ordre Sacré des Neuf Templiers de Jérusalem (O.S.D.9.T.D.J.).
L’article publié par Affaritaliani le 9 juillet 2024, intitulé « Nuovi cavalieri e dame dell’Ordine di Sion », concerne le SCMOTH 1804 OSMTJ (Supremus Civilis et Militaris Ordo Templi Hierosolymitani) et l’Ordine dei Cavalieri Templari Internazionali, comme l’indique explicitement le contenu même de l’article.
Cet article est conservé dans la présente page non comme preuve d’identité organisationnelle, mais comme pièce documentaire illustrant la multiplicité des structures contemporaines utilisant des références à Sion, au Temple ou à la chevalerie chrétienne.
Sa conservation a précisément pour objectif de montrer que le terme « Sion » ne désigne pas une structure unique, et qu’il existe dans le champ néo-templier contemporain plusieurs organisations distinctes :
- avec des histoires différentes ;
- des cadres juridiques différents ;
- des directions différentes ;
- des filiations revendiquées différentes ;
- des doctrines différentes ;
- et des réseaux distincts ou seulement partiellement connectés.
Cette distinction est particulièrement importante dans le cadre des controverses documentaires liées au néo-templarisme contemporain, où les phénomènes d’association, de confusion, de rapprochement symbolique ou de relecture rétrospective sont fréquents.
Développement en Italie (OCNSS)
La phase italienne apparaît comme un moment central de visibilité publique. Elle se déploie autour de l’Ordine Cavalleresco di Nostra Signora di Sion (OCNSS), auquel plusieurs pages historiques, de présentation, de titulature et d’orientation doctrinale sont rattachées. C’est dans ce contexte que le courant acquiert une présence plus lisible par des publications, des rencontres, des cérémonies, des présentations publiques et des relais médiatiques.
Des articles italiens mentionnent ainsi des investitures, des rassemblements, des événements à Rome ou dans d’autres villes, ainsi qu’une activité publique centrée sur l’identité chevaleresque, l’héritage chrétien, l’engagement caritatif ou la diffusion de valeurs de fraternité. Les médias qui relaient ces éléments montrent que l’OCNSS ne se limite pas à une structure interne confidentielle : il cherche aussi une inscription visible dans un espace culturel, social et médiatique.
Cette séquence italienne joue un rôle décisif dans la généalogie récente du groupe français. Elle fournit à la fois un environnement de référence, une matrice narrative, un vocabulaire organisationnel et une scène de transition entre mémoire templière et structuration contemporaine.
| Type de source | Apport principal | Rôle dans la page |
|---|---|---|
| Pages OCNSS (Storia / Apostolica / Chi siamo / Monarchica) | Récit interne, chronologie, titulatures, figures nommées, auto-présentation | Sources de base pour le récit organisationnel |
| Médias italiens en ligne | Événements publics, investitures, visibilité locale, diffusion médiatique ; certaines sources concernent des ordres distincts portant des appellations proches | Sources de contexte, de présence publique et de distinction entre structures non assimilables |
| Sites religieux indépendants, blogs et pages personnelles | Environnement doctrinal, biographies, débats, rivalités, auto-légitimations | Sources documentaires du milieu néo-templier et de son écosystème |
Personnalités et acteurs mentionnés dans les sources
Plusieurs noms reviennent dans le dossier documentaire. Ils apparaissent soit dans les pages organisationnelles, soit dans les médias, soit dans les sites périphériques ou les espaces de controverse. Leur présence répétée permet de cartographier l’environnement humain du courant.
- Bernard-Raymond Fabré-Palaprat : figure majeure du néo-templarisme moderne, associée à la relance templière du début du XIXe siècle.
- Pierre Plantard : fondateur du Prieuré de Sion moderne et principal artisan de la construction documentaire associée.
- Rodolfo González Pérez : figure mentionnée dans les récits de relance contemporaine et dans des supports biographiques externes.
- Alistair Bate : personnalité religieuse indépendante, associée à la Holy Celtic Church, présente dans plusieurs supports ecclésiaux et documentaires.
- Bruno Pedrini : figure citée dans les récits liés à la structuration contemporaine du réseau.
- Luigi Suez : présenté dans la documentation OCNSS comme Sovrano Gran Maestro.
- Romain Miternique : présenté par l’organisation française comme Grand Maître et président de l’O.S.D.9.T.D.J.
Dans une page de type encyclopédique, ces noms ne sont pas à traiter comme des ornements. Ils servent à comprendre comment le néo-templarisme contemporain se construit par personnes, par relais, par institutions, par titres, par réseaux et par transfert d’héritage symbolique.
Développement en France
La phase française procède de cette matrice antérieure, mais elle ne s’y réduit pas. En novembre 2024, une association régie par la loi du 1er juillet 1901 est constituée en France afin d’offrir un cadre juridique, organisationnel et public à un groupe qui entend développer sur le territoire français une œuvre à référence templière.
Cette étape est importante pour plusieurs raisons. Elle transforme d’abord une sensibilité, un réseau ou une dynamique en structure civile identifiable. Elle permet ensuite de donner une existence propre à un groupe français dans un cadre juridique clair. Elle prépare enfin une évolution doctrinale et institutionnelle qui conduira à une affirmation plus nette de son identité spécifique.
La période 2024–2025 peut ainsi être lue comme un temps de maturation. Le groupe passe d’une logique de rattachement à une logique de formulation propre. Il clarifie sa nature, son objet, ses références, sa place dans le champ néo-templier et sa manière d’assumer publiquement sa trajectoire.
Naissance de l’O.S.D.9.T.D.J.
En octobre 2025, la structure française prend son autonomie et adopte la dénomination Ordre Sacré des Neuf Templiers de Jérusalem. Ce changement de nom ne constitue pas une modification superficielle. Il marque un recentrement identitaire et une affirmation de maturité.
À partir de ce moment, le groupe se présente comme une organisation française autonome, inscrite dans le champ du néo-templarisme contemporain, mais disposant de sa propre dénomination, de sa propre présentation, de son propre cadre associatif et de son propre développement public. Cette évolution correspond à la naissance de la structure actuelle telle qu’elle est exposée sur le site de l’organisation.
Dans cette configuration, Romain Miternique est présenté par l’organisation comme Grand Maître et président. Cette formulation permet d’indiquer la direction revendiquée de la structure française telle qu’elle se donne publiquement à connaître.
Missions et positionnement
Dans sa présentation actuelle, l’O.S.D.9.T.D.J. se définit comme une association à vocation culturelle, historique, symbolique, éducative, fraternelle, caritative et initiatique. Ce positionnement le situe clairement dans le registre du néo-templarisme associatif moderne : il ne s’agit pas de prétendre rétablir l’ordre médiéval comme corps institutionnel ancien, mais d’en reprendre le langage, la mémoire, les vertus et l’esprit comme principe d’action contemporaine.
Le recours au vocabulaire de la chevalerie n’est pas seulement décoratif. Il fonctionne comme une pédagogie morale. Il vise à transmettre des idées de fidélité, de rectitude, de service, de discipline, de fraternité, de responsabilité, d’élévation intérieure et de dignité. Le passé templier est ainsi relu comme réservoir de formes et d’exigences pour le présent.
Dans cette perspective, l’association peut être comprise comme une tentative de faire vivre aujourd’hui un idéal chevaleresque transposé dans un cadre civil. Ce déplacement du passé vers le présent, de l’histoire vers l’éthique, du souvenir vers la conduite, constitue précisément l’un des traits les plus caractéristiques du néo-templarisme contemporain.
Selon la présentation publique figurant sur le site officiel, l’Ordre développe également un travail structuré autour de rites, de degrés, de pratiques symboliques et de transmissions internes. La page d’accueil évoque un ordre initiatique pouvant s’appuyer sur des filiations, traditions ou patentes initiatiques, tandis que la page « Qui nous sommes » précise que cette dimension initiatique est comprise comme un chemin de maturation personnelle et collective, sans revendication religieuse automatique ni filiation sacrée.
Axes d’activité mis en avant
- Culture et histoire : étude du patrimoine templier, transmission de repères médiévaux, dossiers, contenus et travail de mémoire.
- Vie symbolique et initiatique : affirmation d’un langage chevaleresque, usage de signes, rites, degrés, cérémonial, structuration d’une identité commune.
- Vie associative : rencontres, organisation interne, développement du groupe, formalisation publique et mémoire collective.
- Dimension sociale et éducative : service, entraide, action culturelle et projets tournés vers la société civile.
Cadre statutaire (loi 1901)
En droit français, la structure relève du régime de la loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d’association. Ce point est essentiel. Il donne à l’organisation sa qualification civile, son cadre juridique et sa lisibilité publique.
La loi de 1901 permet l’existence d’associations très diverses par leur objet. Une structure à référence historique, culturelle, mémorielle, symbolique, initiatique ou chevaleresque peut donc pleinement exister sous cette forme, dès lors qu’elle respecte le droit commun applicable aux associations déclarées. Le vocabulaire chevaleresque, les dénominations, les emblèmes, les rites ou le cérémonial n’annulent pas cette réalité juridique ; ils s’inscrivent à l’intérieur d’elle.
Le cadre statutaire permet ainsi à l’O.S.D.9.T.D.J. d’exister comme organisation française identifiable, avec une dénomination, un objet, une gouvernance, une présence publique et une continuité propre. C’est ce cadre qui rend possible le passage d’un imaginaire de filiation à une organisation civile actuelle.
Controverses de filiation apostolique et dénonciations documentées
- les revendications de continuité historique ;
- les filiations initiatiques ;
- les successions apostoliques ;
- les titres chevaleresques ;
- les prétentions de légitimité ;
- les reconstructions documentaires ;
- les usages du nom « Sion » ;
- et les relations réelles ou supposées entre diverses organisations contemporaines.
Les documents conservés dans cette page doivent donc être lus comme un corpus documentaire de controverse autant que comme un ensemble de sources descriptives.
Leur présence ne vaut ni validation automatique des affirmations publiées, ni reconnaissance institutionnelle des revendications évoquées. Ils sont conservés afin de documenter le fonctionnement discursif du milieu étudié, ses conflits internes, ses stratégies de légitimation et les débats publics qui l’entourent.
Le champ néo-templier contemporain produit une documentation hétérogène dans laquelle les questions de filiation apostolique, de succession épiscopale, de reconnaissance ecclésiale, de validité sacramentelle ou de continuité spirituelle sont fréquemment invoquées, revendiquées, contestées ou dénoncées. C’est particulièrement visible lorsque des réseaux chevaleresques croisent des milieux religieux indépendants.
Dans le dossier documentaire ici conservé, la question de la filiation apostolique apparaît comme l’un des points les plus sensibles. Certaines pages organisationnelles ou religieuses indépendantes mettent en avant des filiations, des successions ou des continuités présentées comme apostoliques. D’autres documents, au contraire, dénoncent explicitement ces revendications, les contestent ou les soumettent à une critique frontale.
La déclaration publiée en 2015 sur le site San Luigi, intitulée Old Catholic Church of Great Britain and related matters – statement of clarification, constitue l’un des principaux documents polémiques conservés dans le dossier documentaire du sujet. Ce texte adopte explicitement une logique de dénonciation, de clarification institutionnelle et de prise de distance publique. Il remet en cause plusieurs revendications de succession apostolique, de validité ecclésiale et de continuité religieuse présentées dans certains milieux religieux indépendants ou néo-chevaleresques.
Le document illustre la manière dont les controverses de filiation apostolique occupent une place centrale dans une partie du néo-templarisme contemporain lorsque des structures chevaleresques croisent des réseaux ecclésiaux indépendants, des Églises non reconnues ou des revendications de transmission sacramentelle. Il montre également que le milieu étudié ne forme pas un ensemble homogène, mais un espace conflictuel traversé par des oppositions de légitimité, des dénonciations croisées et des contestations publiques.
À l’inverse, la Holy Celtic Church International maintient sa propre auto-présentation institutionnelle, avec des pages consacrées à la succession apostolique et à la présentation de ses dignitaires. Cette coexistence de récits opposés — affirmation d’un côté, dénonciation de l’autre — est caractéristique du milieu étudié. Elle ne doit pas être effacée, mais exposée comme telle.
Dans le cas du réseau français actuel, un point important est que l’O.S.D.9.T.D.J., dans ses informations officielles, affirme son indépendance complète à l’égard de tout autre ordre, association, fraternité, obédience, Église ou structure initiatique, et précise expressément qu’aucune relation de courtoisie, de dialogue ou de coopération éventuelle ne crée ni filiation historique, ni reconnaissance mutuelle automatique, ni subordination hiérarchique.
Cette précision est capitale, car elle permet de séparer la structure française actuelle des revendications externes de succession apostolique ou de continuité sacrée qui ont pu être formulées, relayées ou discutées dans d’autres milieux. Elle situe l’O.S.D.9.T.D.J. dans un cadre associatif laïque et autonome, même lorsque son environnement documentaire comprend des références religieuses indépendantes, des discours de transmission ou des affirmations plus ambitieuses.
Les controverses de filiation apostolique doivent donc être comprises comme faisant partie du contexte documentaire du sujet, et non comme la définition de l’O.S.D.9.T.D.J. lui-même. Elles éclairent le milieu d’où proviennent certains récits, certaines personnes, certains réseaux ou certaines justifications symboliques, mais elles ne se substituent pas à la qualification civile et associative de la structure française actuelle.
Valeur documentaire des sources conservées
Les pages OCNSS donnent accès au récit organisationnel interne, les médias italiens montrent une visibilité publique, les sites religieux indépendants exposent un arrière-plan ecclésial, tandis que les blogs et supports personnels renseignent l’environnement discursif plus large. Ensemble, ces éléments forment un corpus utile pour suivre l’émergence, le développement et la diversification d’un courant néo-templier récent.
L’existence de divergences, de formulations concurrentes, de récits parallèles ou de lectures différentes ne retire rien à l’intérêt de ce corpus ; elle en constitue au contraire l’une des dimensions fondamentales. Le sujet n’est pas seulement un groupe, mais un milieu, avec ses réseaux, ses titres, ses signes, ses références, ses filiations revendiquées et les dénonciations qui les accompagnent.
Chronologie (repères)
- Ordre médiéval : référence historique fondatrice de l’imaginaire templier occidental.
- Début du XIXe siècle : reconstruction néo-templière moderne autour de Bernard-Raymond Fabré-Palaprat et de la Charte de Larmenius.
- 1956 : fondation du Prieuré de Sion moderne par Pierre Plantard.
- Deuxième moitié du XXe siècle : diffusion de la mystification plantardienne, faux documentaires et brouillage durable de l’imaginaire templier moderne.
- Début des années 2010 : émergence d’un courant contemporain structuré autour de Notre-Dame de Sion, entre la Suisse et l’Italie.
- 11 juillet 2014 : date de relance mise en avant dans les récits historiques organisationnels.
- 2022 : visibilité italienne accrue autour de l’OCNSS, événements publics et présence médiatique.
- 9 juillet 2024 : publication de l’article Affaritaliani sur un autre ordre utilisant l’appellation « Sion », le SCMOTH 1804 OSMTJ / Ordine dei Cavalieri Templari Internazionali, conservé ici comme document de distinction et non comme source d’assimilation.
- Novembre 2024 : création de la structure française sous le régime de la loi de 1901.
- Octobre 2025 : adoption de la dénomination Ordre Sacré des Neuf Templiers de Jérusalem et autonomie de la structure française.
- 2026 : formalisation éditoriale renforcée de la présence publique du groupe français actuel.
Notes et références
- Alain Demurger, Vie et mort de l’ordre du Temple, Seuil, 1985.
- Malcolm Barber, The New Knighthood: A History of the Order of the Temple, Cambridge University Press, 1994.
- Michel Lamy, Les Templiers aujourd’hui, J’ai Lu, 2007.
- Bibliothèque nationale de France, ressources consacrées au « Prieuré de Sion » comme mystification moderne.
- Pierre-André Taguieff, Les théories du complot, PUF, 2005.
- Massimo Introvigne, Les nouveaux mouvements religieux, Brepols, 2002.
- OSD9TDJ — page d’accueil.
- OSD9TDJ — Qui nous sommes.
- OSD9TDJ — Informations officielles.
- Bibliothèque nationale de France — Bernard-Raymond Fabré-Palaprat.
- Bibliothèque nationale de France — Notice de personne : Pierre Plantard.
- Wikipédia — article de contexte « Prieuré de Sion ».
- OpenEdition Journals — Rennes-le-Château, entre mystifications et réalités.
- OCNSS — Storia Sion (p3-3, EN).
- OCNSS — Storia Sion (p3-2, FR).
- OCNSS — Apostolica (FR).
- OCNSS — Chi siamo.
- OCNSS — Monarchica 4.
- Notiziario Araldico.
- Fatti Nostri.
- Corriere Salentino.
- Affaritaliani — article conservé comme pièce documentaire de controverse et de distinction entre plusieurs organisations contemporaines utilisant des références à « Sion » ; le contenu concerne le SCMOTH 1804 OSMTJ / Ordine dei Cavalieri Templari Internazionali et ne doit pas être assimilé à l’OCNSS ni à l’O.S.D.9.T.D.J.
- SSAN.
- San Luigi — Old Catholic Church of Great Britain and related matters – statement of clarification — document de controverse, de clarification et de dénonciation relatif à des revendications ecclésiales, à des filiations apostoliques et à des prises de distance institutionnelles.
- Holy Celtic Church International — site principal.
- Holy Celtic Church International — Apostolic Succession.
- Nueva Teologia Occidental — Rodolfo González Pérez.
- Grand Prince Blog.
- Liens documentaires transmis dans le dossier de travail, comprenant notamment San Luigi, Holy Celtic Church, Nueva Teologia Occidental et Grand Prince Blog.
- Légifrance — Loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d’association.
- Service-Public — Consulter les annonces des associations et fondations (JOAFE).
- Journal officiel — Associations, fondations et fonds de dotation.
- Wikipédia — Utilisateur:Chevalerie Etudes/Brouillon.
- Wikipédia — Utilisateur:Chevalerie Etudes.
Liens externes
- Chronique du Grand Maître
- Site officiel : osd9tdj.org
- OSD9TDJ — Qui nous sommes
- OSD9TDJ — Informations officielles
- OCNSS — Storia Sion (EN)
- OCNSS — Storia Sion (FR)
- OCNSS — Apostolica (FR)
- OCNSS — Chi siamo
- OCNSS — Monarchica 4
- San Luigi — clarification
- Holy Celtic Church International
- Holy Celtic Church — Apostolic Succession
- Nueva Teologia Occidental — Rodolfo González Pérez
- Grand Prince Blog
- Notiziario Araldico
- Fatti Nostri
- Corriere Salentino
- Affaritaliani — article concernant un autre ordre utilisant l’appellation « Sion »
- SSAN
- BnF — Bernard-Raymond Fabré-Palaprat
- BnF — Pierre Plantard
- Prieuré de Sion
- Brouillon Wikipédia
- Page utilisateur Wikipédia
La proximité de vocabulaire, d’imaginaire ou de symbolique ne doit pas conduire à confondre automatiquement des structures distinctes, juridiquement autonomes et historiquement différenciées.